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CV en anglais, pourquoi traduire ne suffit pas

Un CV traduit mot à mot reste un CV français écrit en anglais. Le recruteur le voit tout de suite : la photo, la date de naissance, des diplômes qu'il ne connaît pas. Passer à l'anglais, c'est aussi changer de conventions.

Deux traditions : le CV britannique et le résumé américain

Avant d'écrire, il faut savoir pour qui. L'anglais du CV n'est pas le même partout.

  • Au Royaume-Uni (et dans une bonne partie de l'Europe anglophone), on parle de CV. Deux pages sont courantes pour un profil expérimenté, une page reste préférable pour un étudiant.
  • Aux États-Unis et au Canada anglophone, on parle de résumé. Une page est la règle pour un profil junior, et le document va droit aux résultats.
  • Dans une entreprise internationale basée en France, c'est souvent un mélange : un CV en anglais, au format français d'une page, lu par des équipes de plusieurs pays.

Choisir une convention et s'y tenir évite le défaut le plus visible : un document qui hésite entre deux usages.

Ce qu'on retire

Plusieurs informations courantes sur un CV français n'ont pas leur place dans un CV anglophone, en particulier pour les États-Unis :

  • la photo : aux États-Unis comme au Royaume-Uni, l'usage est de ne pas en mettre, pour écarter tout soupçon de discrimination à l'embauche. Certaines entreprises écartent même les CV qui en ont une ;
  • l'âge ou la date de naissance, la situation familiale, la nationalité (sauf si la question du permis de travail se pose : mentionnez alors simplement votre droit à travailler dans le pays) ;
  • la rubrique « centres d'intérêt » générique (« lecture, voyages, sport ») : un intérêt n'apparaît que s'il dit quelque chose de vous ;
  • la mention « References available on request », devenue inutile.

Ce qu'on traduit… et ce qu'on explique

La difficulté n'est pas la langue, c'est le contexte. Un recruteur londonien ne sait pas ce qu'est une classe préparatoire, une grande école ou un DSCG. Il faut donc traduire l'idée, pas le mot.

Les diplômes

Donnez le nom officiel, puis une équivalence courte : « ESSEC Business School, Grande École Programme (Master in Management) ». Pour les classes préparatoires : « Two-year intensive preparatory programme for the competitive entrance exams to French business schools ». Pour un diplôme professionnel, ajoutez son niveau.

Les notes et les mentions

Le système de notes sur 20 n'est pas compris partout. Évitez d'inventer une conversion en GPA : indiquez plutôt votre rang ou une mention (« graduated with honours, top 10% of the class ») quand c'est vrai.

Les dates et les chiffres

On écrit « Sep 2024 – Jun 2025 » plutôt que « 09/2024 – 06/2025 », dont l'ordre jour/mois peut tromper. Les montants prennent un point pour les décimales et une virgule pour les milliers : 1,500.50 en anglais pour 1 500,50 en français.

Les intitulés de poste

Un « chargé d'affaires » ou un « chef de projet » n'a pas de traduction unique. Choisissez l'intitulé que l'on trouve dans les offres du pays visé : c'est aussi celui que les recruteurs tapent dans leurs outils de recherche (voir notre article sur les logiciels de tri des CV).

Les verbes, le ton, les résultats

Le CV anglophone est plus direct. Chaque ligne d'expérience commence par un verbe d'action au passé (« Led », « Built », « Reduced », « Negotiated ») et se termine si possible par un résultat. On n'écrit ni « I » ni « my » : la phrase commence par le verbe.

Méfiez-vous des faux amis : « actually » ne veut pas dire « actuellement » (on écrit « currently »), « formation » se dit « education » ou « training », un « stage » est un « internship ».

Ce qui change selon le secteur

Chaque métier ajoute ses propres usages à ces règles générales.

Une relecture par un anglophone, toujours

Les outils de traduction automatique produisent un anglais correct, mais rarement naturel, et ils ne connaissent pas les usages de votre secteur. Faites relire votre CV par une personne dont l'anglais est la langue de travail, idéalement dans votre domaine.

Et gardez deux versions distinctes, une française et une anglaise, plutôt qu'un document bilingue : chacune suit les conventions de son lecteur. Pour l'accroche de la version anglaise (le « summary »), les principes sont les mêmes qu'en français : voir notre méthode pour l'accroche du CV.

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